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Circuit de refroidissement d'un tracteur : entretien et diagnostic d'une surchauffe

Nettoyer les faisceaux, doser le liquide, purger l'air et trouver dans l'ordre la cause d'une surchauffe, du radiateur au joint de culasse.

Par l'équipe SIZA, Colombiès (Aveyron) · Mis à jour le · 6 min de lecture

Un tracteur qui chauffe a, dans la grande majorité des cas, un radiateur colmaté par la poussière et les débris végétaux, un niveau de liquide trop bas ou une courroie qui patine. Viennent ensuite le thermostat bloqué, la pompe à eau, le bouchon de radiateur et, en dernier, le joint de culasse. L'entretien consiste à garder les faisceaux propres, le liquide à la bonne concentration et renouvelé à temps, et les durites et la courroie en bon état. Voici comment faire, et comment diagnostiquer une surchauffe dans l'ordre, du plus probable au plus coûteux.

Les pièces du circuit

  • Radiateur : faisceau de tubes et d'ailettes où le liquide cède sa chaleur à l'air. Il est souvent empilé avec d'autres échangeurs : refroidisseur d'huile hydraulique ou de transmission, refroidisseur d'air de suralimentation, condenseur de climatisation, refroidisseur de gazole.
  • Pompe à eau : entraînée par courroie, elle fait circuler le liquide. Un trou témoin sous son corps laisse s'échapper le liquide quand sa garniture d'étanchéité est usée.
  • Thermostat : il ferme le passage vers le radiateur tant que le moteur est froid, et s'ouvre en général autour de 80 à 90 °C selon le modèle.
  • Ventilateur : entraîné directement, par viscocoupleur (qui ne l'embraye franchement qu'à chaud) ou électrique sur certains modèles. Certains ventilateurs sont réversibles pour souffler les débris.
  • Bouchon : il met le circuit sous pression, souvent entre 0,5 et 1 bar, ce qui relève le point d'ébullition au-delà de 100 °C. Il porte aussi un clapet de dépression.
  • Vase d'expansion, durites, colliers, et la sonde de température qui renseigne le tableau de bord.

Le liquide : type, concentration, remplacement

Un liquide de refroidissement est un mélange d'eau et de glycol, avec des inhibiteurs de corrosion. Un mélange à 50 % protège jusqu'à environ −37 °C, ce qui couvre toute la France ; c'est aussi la concentration qui protège le mieux contre la corrosion. Au-delà de 60 % environ, la protection contre le gel n'augmente plus et le refroidissement se dégrade.

TechnologieReconnaîtreDurée de vie indicative
Minérale (inhibiteurs silicatés, ancienne génération)Souvent verte ou bleue sur les vieux tracteurs2 ans environ
Organique (OAT)Souvent rose, orange ou jaune, « longue durée »4 à 5 ans, ou le nombre d'heures du constructeur
Hybride (HOAT, SOAT…)Couleurs variablesSelon le fabricant

La couleur n'est pas une norme : fiez-vous à la spécification donnée par le manuel du tracteur. Les moteurs diesel à chemises humides demandent un liquide dit « pour moteurs lourds », dont les additifs protègent les chemises de la cavitation. Ne mélangez pas deux technologies ; pour changer de type, vidangez et rincez. Diluez avec de l'eau déminéralisée, jamais avec une eau calcaire qui entartre le radiateur. Contrôlez la concentration au réfractomètre ou au pèse-antigel chaque automne (voir préparer son tracteur pour l'hiver).

Nettoyer les faisceaux sans les abîmer

C'est l'entretien qui évite le plus de surchauffes, et le plus négligé. En moisson, en broyage ou en fenaison, les ailettes se couvrent d'un feutre de poussière et de brins qui bloque l'air.

  1. Moteur arrêté et froid, ouvrez le capot et, si le constructeur l'a prévu, écartez ou basculez les échangeurs empilés pour accéder à chacun.
  2. Soufflez à l'air comprimé dans le sens inverse du passage de l'air, depuis le côté moteur vers l'avant, en tenant la buse perpendiculaire aux ailettes et à distance.
  3. Pour les dépôts gras (huile, gazole), lavez à l'eau additionnée de dégraissant, à basse pression. Un jet haute pression tenu trop près couche les ailettes.
  4. Redressez les ailettes couchées avec un peigne à ailettes.
  5. Nettoyez la grille d'entrée d'air et, sur les machines qui en ont, la grille rotative et son joint.

Regardez aussi entre les faisceaux : un radiateur propre en façade peut être bouché au milieu, derrière le condenseur.

Diagnostiquer une surchauffe, dans l'ordre

ConstatCause probableContrôle
Chauffe en travail lourd, normal sur routeFaisceaux colmatés, ventilateur ou viscocoupleur faibleNettoyage ; à chaud moteur arrêté, le ventilateur à viscocoupleur doit résister à la main
Niveau qui baisse, traces blanches ou coloréesFuite : durite, collier, radiateur, trou témoin de la pompeInspection à froid, test de pression du circuit
Chauffe vite, durite inférieure du radiateur froideThermostat bloqué ferméTester le thermostat dans l'eau chaude avec un thermomètre
Chauffe, courroie qui siffle ou lustréeCourroie détendue ou uséeTension, état des flancs, poulies
Débordement du vase à chaud, pas de fuiteBouchon qui ne tient plus la pressionTest du bouchon, remplacement
Bulles dans le vase, pression qui monte vite, huile émulsionnéeJoint de culasse, fissureTest de gaz de combustion dans le liquide
Aiguille haute mais moteur tiède au toucherSonde ou jauge défectueuseComparer au thermomètre infrarouge sur le boîtier de thermostat

Un thermostat se teste déposé : plongé dans une casserole d'eau qu'on chauffe avec un thermomètre, il doit commencer à s'ouvrir vers la température gravée sur sa coupelle et s'ouvrir franchement une dizaine de degrés plus haut. Remplacez-le avec son joint ; ne roulez jamais sans thermostat, le moteur resterait froid, s'encrasserait et consommerait plus.

N'ouvrez jamais le bouchon d'un circuit chaud : le liquide sous pression jaillit à plus de 100 °C. Attendez que le moteur refroidisse, puis desserrez le bouchon d'un cran avec un chiffon épais pour laisser sortir la pression. Le glycol est toxique : récupérez le liquide usé et ne le laissez pas à portée des animaux, qu'il attire par son goût sucré.

Remplir et purger l'air

Une poche d'air autour de la sonde ou du thermostat provoque une surchauffe localisée et une aiguille qui s'affole. Après une vidange ou le changement d'une pièce :

  1. Ouvrez le robinet de chauffage de la cabine et les vis de purge s'il y en a.
  2. Remplissez lentement, jusqu'à ce que le liquide sorte sans bulles aux vis de purge, puis refermez-les.
  3. Faites tourner le moteur au ralenti accéléré, bouchon du vase ouvert si le constructeur l'autorise, jusqu'à l'ouverture du thermostat (la durite supérieure devient chaude).
  4. Complétez, refermez, puis contrôlez le niveau à froid le lendemain.

Courroie, durites et pompe

La courroie qui entraîne la pompe et le ventilateur se contrôle à chaque vidange : flancs lustrés, craquelures, tension. Voir choisir une courroie et le rayon courroies. Une durite qui gonfle sous la pression, collante ou craquelée, se change avec ses colliers. Une pompe qui suinte au trou témoin, ou dont la poulie a du jeu, se remplace avant qu'elle ne lâche en plein travail ; on la trouve dans les pompes à eau moteur, avec les joints de montage dans les joints moteur.

Les pièces à prévoir

Pour une révision du circuit : liquide adapté, thermostat et son joint, bouchon de radiateur, durites et colliers, courroie. Le radiateur se commande par la référence du constructeur ou ses cotes (faisceau, position des tubulures) dans le rayon radiateurs, comme les autres échangeurs ; les colliers sont dans le rayon colliers de serrage. Si la surchauffe coïncide avec une clim qui refroidit mal, le condenseur colmaté est probablement en cause pour les deux (voir entretenir la climatisation de cabine).

Questions fréquentes

Pourquoi mon tracteur chauffe-t-il seulement en travail lourd ?

C'est presque toujours un radiateur ou un échangeur colmaté par la poussière et les débris, ou un ventilateur à viscocoupleur qui n'embraye plus assez. Soufflez les faisceaux à l'air comprimé dans le sens inverse du passage de l'air, en écartant les échangeurs empilés.

Quel liquide de refroidissement mettre dans un tracteur ?

Celui dont la spécification figure dans le manuel du tracteur, dilué à 50 % avec de l'eau déminéralisée, ce qui protège jusqu'à environ −37 °C. Les moteurs diesel à chemises humides demandent un liquide pour moteurs lourds. On ne mélange pas deux technologies (minérale, organique, hybride).

Comment tester le thermostat d'un tracteur ?

Déposez-le et plongez-le dans une casserole d'eau chauffée, avec un thermomètre. Il doit commencer à s'ouvrir vers la température gravée sur sa coupelle, souvent entre 80 et 90 °C, et s'ouvrir franchement une dizaine de degrés plus haut. Sinon, remplacez-le avec son joint.

Comment savoir si le joint de culasse est en cause ?

Des bulles continues dans le vase d'expansion, une pression qui monte très vite dans le circuit, une perte de liquide sans fuite visible ou une huile émulsionnée orientent vers le joint de culasse. Un test de gaz de combustion dans le liquide le confirme avant de démonter.

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